Sauvegardes 3-2-1 : la meilleure assurance contre le rançongiciel.
3 copies, 2 supports, 1 hors ligne : la règle qui fait la différence le jour d'une attaque. Et pourquoi une sauvegarde non testée ne compte pas.
C'est la question que tout dirigeant pose dans les premières heures, et celle sur laquelle la plupart des ressources restent évasives. Elle mérite mieux qu'une posture morale : quand la production est à l'arrêt, que les salaires doivent partir vendredi et qu'un compte à rebours tourne sur un écran, « il ne faut pas payer » n'est pas une réponse suffisante.
Voici ce que l'on sait, ce que dit le droit français, et pourquoi la décision se prépare bien avant la nuit où elle se pose.
Point essentiel, souvent mal compris : payer une rançon n'est pas, en soi, un délit en France. La victime qui paie n'est pas poursuivie pour avoir payé. C'est une décision de gestion, pas une infraction.
En revanche, plusieurs éléments encadrent sérieusement cette décision :
La position constante des autorités françaises - ANSSI, ministère de l'Intérieur - est de décourager le paiement. Ce n'est pas de la morale : c'est que le paiement finance le modèle économique qui produit l'attaque suivante, et qu'il désigne votre organisation comme une cible qui paie.
Payer achète une clé de déchiffrement, pas une restauration. Ce sont deux choses très différentes. L'outil fourni par les attaquants est souvent lent et imparfait : il faut le lancer machine par machine, il échoue sur une partie des fichiers, et il ne remet pas en route les applications - il rend seulement les fichiers lisibles. Plusieurs organisations ayant payé ont mis autant de temps à redémarrer qu'avec leurs sauvegardes. Elles avaient payé pour rien, ou presque.
Le schéma courant ne se limite plus au chiffrement. Les données sont d'abord copiées, puis chiffrées. La menace est double : vous ne pouvez plus travailler, et vos données seront publiées si vous ne payez pas.
Cette évolution a une conséquence qu'il faut regarder en face : de bonnes sauvegardes règlent le premier problème, pas le second. Vous redémarrez en trois jours - et vos données partent quand même en ligne. C'est précisément le cas où la tentation de payer redevient forte alors même que la restauration s'est bien passée.
Or, sur ce second volet, ce qu'on achète est encore plus incertain : la promesse de supprimer des copies. Rien ne permet de la vérifier, personne ne peut prouver une suppression, et l'historique montre des cas de seconde demande quelques mois plus tard, auprès d'organisations qui avaient déjà payé.
Elle ne se prend jamais sur le seul montant. Les questions qui comptent, dans l'ordre :
Déposez plainte et prévenez votre assureur immédiatement. C'est ce qui conditionne l'indemnisation et vous ouvre l'accès aux services de l'État. Ne détruisez rien : isoler les machines, oui ; les réinstaller tout de suite, non - vous effaceriez les traces nécessaires à comprendre par où l'attaquant est entré, donc à éviter qu'il revienne par le même chemin. Et signalez-vous sur cybermalveillance.gouv.fr, qui oriente vers des prestataires et des interlocuteurs.
Un point mal connu : engager le dialogue ne vous engage pas à payer. Passer par des spécialistes de la négociation permet, indépendamment de la décision finale, de gagner du temps pendant que les équipes évaluent les sauvegardes, d'obtenir une preuve que les attaquants détiennent réellement ce qu'ils prétendent, et de savoir à qui l'on parle. Beaucoup d'organisations ont négocié plusieurs jours, puis n'ont pas payé - le temps gagné avait suffi à restaurer.
Toutes les organisations qui ont bien traversé cet épisode ont un point commun : elles n'improvisaient pas. Concrètement :
La bonne question n'est pas « faut-il payer ? ». C'est « dans quel état serons-nous le jour où quelqu'un nous posera cette question ? ». La réponse se construit maintenant, pas cette nuit-là.
Kenawek intervient en réponse à incident, et surtout en amont : sauvegardes réellement hors d'atteinte, restauration chronométrée, décisions arbitrées à froid. Parlons-en.
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